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Suite au reportage télévisé de Florence Mavic diffusé dans le magazine
"Envoyé spécial" par FR 2, le 19/12/96, sur les mystères de la mer
Morte.
Suite à
l'émission du 29/12: «Pourquoi la philosophie est-elle si populaire?» de FR 2,
Bouillon de culture, B. Pivot, A. Comte-Sponville, L. Ferry, J-L. Marion.
Suite à
l'article de J. F. Mongibeaux publié dans le numéro du 21/12 du Figaro
magazine: «On a retrouvé le village des apôtres.»
Dans son enquête sur Qumrân,
Florence Mavic pose avec talent et sérieux la grave question de
l'interprétation des fameux manuscrits de la mer Morte et de leur influence sur
les origines de notre pensée judéo-chrétienne.
A "Bouillon de
culture", dans le doute de cette fin de millénaire, le public français
s'interroge et demande à de nouveaux philosophes de lui apporter leurs
réflexions, en dehors de toute idéologie ou passion politique.
Au bord du lac de Tibériade, un
moine-archéologue solitaire, d'origine italienne, annonce qu'il a retrouvé la
maison des premiers apôtres.
Depuis plus de dix ans, par des
centaines et des centaines de lettres, j'essaie de convaincre les responsables
de la Culture, de l'Archéologie et de l'Information de leur grave erreur
concernant la localisation du site de la grande capitale des Gaules
"Bibracte", d'où mes sept ouvrages Histoire de Gergovie, Histoire de Bibracte le bouclier éduen, Histoire de
Bibracte l'épée flamboyante, Dieu rayonnant, Dieu caché, Histoire du Christ
tome I, Histoire du Christ tome II.
En Californie, pays où je me
rends régulièrement, Robert Eisenman, dans son ouvrage écrit en collaboration
avec Michael Wise Les manuscrits de la mer Morte révélés, apporte
des preuves de plus en plus irréfutables sur le lien qui existe entre le
christianisme naissant et les textes de Qumrân. C'est d'ailleurs depuis la
Californie que je me suis décidé à utiliser l'espace de liberté qu'offre aux
citoyens le réseau internet face à la dictature intellectuelle des
technostructures et des oligarchies qui ne veulent pas s'ouvrir aux idées
nouvelles.
Etant donné l'importance que
représentent les manuscrits de la mer Morte pour la compréhension de notre
pensée, il serait souhaitable que le reportage télévisé d'"Envoyé
spécial" fasse l'objet de rectifications, de compléments ou d'une suite.
La brève interview accordée à
Florence Mavic par le père Van Hoye de la Commission biblique pontificale du
Vatican, courtoise mais prudente, tranche, par sa réserve, avec les
déclarations catégoriques d'il y a quelques mois seulement. Il est possible que
la récente reconnaissance du phénomène de l'évolution par la haute autorité
catholique indique, dans une situation d'expectative, un repositionnement de
l'Église en prévision du débat auquel les historiens, les exégètes et les
philosophes ne peuvent dorénavant plus se soustraire. Encore faut-il que le
monde journalistique ait la volonté d'ouvrir ce débat.
A mon avis, il aurait été
préférable que Florence Mavic s'adresse au professeur Robert Eisenman plutôt
qu'au journaliste Michael Baigent, auteur avec Richard Leigh, de La Bible
confisquée, enquête sur le détournement des manuscrits de la mer Morte.
En s'inspirant des premiers travaux d'Eisenman, ces deux journalistes
britanniques ont voulu faire un scoop. Ils l'ont réussi sur le plan commercial,
mais leurs conclusions sont erronées.
J'engage vivement ceux qui ont
compris l'importance de ces manuscrits à prendre connaissance de mes récents travaux
tels que je les expose, avec toutes les références souhaitables, dans mes deux
derniers ouvrages Histoire du Christ, tome I et Histoire du
Christ, tome II. Ces
ouvrages prolongent les travaux du professeur Dupont-Sommer et se complètent
avec ceux du professeur Eisenman.
Pour la clarté du débat, je
conseille d'éviter d'utiliser le mot secte quand on parle des Esséniens. Le
terme est impropre. Aujourd'hui, les véritables spécialistes préfèrent parler d'un
courant du judaïsme, ou mieux d'un "judaïsme messianique".
Par ailleurs, il n'y a aucune
preuve permettant d'affirmer que les manuscrits ont été rédigés à Qumrân. Comme
je l'explique dans mes ouvrages, tout indique que ces documents ont été pensés
et rédigés - dans leur version originale - au bord du lac de Tibériade, dans
les centres esséniens de Bethsaïde et de Gamala. Ceci nous amène, tout
naturellement, à nous intéresser aux fouilles archéologiques que j'ai évoquées
au début de cette lettre, au sujet de "la maison des apôtres" des
bords du lac de Tibériade.
Si on veut aller plus loin dans
les investigations, on pourra se reporter à mon Histoire de Bibracte, Dieu rayonnant et à mon Histoire de Bibracte, Dieu caché. On y découvrira, avec étonnement, la vitalité et
la perdurance de ce judaïsme messianique et comment il s'est répandu en Gaule
dans les sculptures et dans les fresques, jusqu'à devenir, sous le nom de
christianisme, la trame de notre culture, de nos valeurs et de notre pensée.
L'Histoire nous apprend que les
sociétés ne survivent que dans la mesure où elles se remettent périodiquement
en question.
Pour ma part, je pense que ce
n'est pas par des débats du type "Eden Jérusalem" (dimanche 22/12, la
cinquième) qu'on fera avancer les choses, ni par la reprojection du film de
John Huston sur la Bible (jeudi 26/12, FR3), ni par celle du documentaire
"La science face à la Bible" (samedi 28/12, FR2), ni par les articles
dithyrambiques du magazine Bourgogne (cf. page suivante).
Il faut comprendre
"autrement".
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