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Monsieur le Ministre,
Le 14 octobre de cette année, à Blois, à l’occasion du
festival du rendez-vous de l’Histoire, vous avez réaffirmé la thèse
des partisans de Bibracte au mont Beuvray
Cette thèse dont l’invention est attribuée à Jacques Gabriel
Bulliot, président de la Société éduenne d’Autun au
Second Empire, a été imposée de nos jours à l’opinion, sans aucun véritable débat,
sans aucun réexamen sérieux des textes, par M. Christian Goudineau .
Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire
des Antiquités nationales, M. Goudineau est considéré
par ses disciples comme un maître à penser. Partant de la thèse "Bulliot", il a développé dans de nombreux ouvrages une
image très discutable de la Gaule. Il est soutenu par une technostructure mi-publique
mi-privée, très influente - revue L’Archéologue,
éditions Errance et Actes-sud, librairie
Epona, Centre
archéologique européen, journalistes accrédités, etc…
En dehors de cette technostructure, il est très difficile à un archéologue de
faire connaître ses travaux et de se faire éditer. De même pour un historien
qui s’écarterait de ce qui est devenu une vérité officielle.
Or, il faut savoir que cette thèse de Bulliot
a été dénoncée dès le début par toute une partie de la communauté scientifique. Officier de l’instruction publique,
Monsieur C. Rossigneux a rappelé, dans la Revue des questions historiques, tome Ier,
1866, les textes anciens qui
prouvent que Bibracte ne pouvait pas se trouver au mont Beuvray.
Face à des arguments incontournables, la Société éduenne
n’a pu arguer que d’une localisation de bataille à Montmort – hypothèse aujourd’hui
abandonnée – espérant, d’autre part, en des fouilles archéologiques qui,
aujourd’hui, ne prouvent qu’une chose : qu’un oppidum s’est bien dressé
sur le mont Beuvray… non pas Bibracte mais Gorgobina, oppidum boïen cité par César.
Membre de la Société éduenne, auteur d’un livre intitulé
"Bibracte" publié en 1867 mais écrit quelques années plus tôt, c’est
l’avocat Xavier Garenne qui, parmi les premiers au Second Empire, défendit l’idée
que Bibracte ne pouvait être Autun. Il fut le premier à retrouver, en
Bourgogne, des retranchements caractéristiques de l’époque gauloise en forme d’ovale,
à Alise-Saint-Reine, à Mont-Saint-Vincent
et au mont Beuvray. Malheureusement, il a choisi de placer
Bibracte sur ce troisième site alors qu’une bonne retraduction des Commentaires de César et des textes de
Strabon l’aurait amené à choisir le second.
Il est regrettable que Bulliot
ait fait disparaître sur le mont Beuvrayles vestiges
en forme d’ovale remarqués par Garenne. Quant au livre de ce
dernier que M. Goudineau qualifie injustement de nul , j’y ai trouvé des éléments très
intéressants pour mes démonstrations.
Engagé, comme Garenne, dans la recherche difficile de la
vérité historique qui a fait ce que nous sommes, je constate avec étonnement
combien il est difficile de se faire entendre. Alors que je ne
cherche qu’à alerter les autorités responsables de la culture, je suis surpris qu’on
ne réponde pas à mes courriers ou qu’on me réponde dans des termes agressifs et
désobligeants : cf. lettre du 27/10/2000 de M. Michel Duffour,
secrétaire d’Etat : « … il ne
paraît pas utile que le ministère de la culture et de la communication
entretienne une polémique avec une personne, qui comme beaucoup de passionnés
de son espèce, se place dans la posture de l’homme seul face au poids de la
« science officielle ».
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