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Entre 1865 et
1895, le mont Beuvray est longuement exploré par un érudit autunois,
Jacques-Gabriel Bulliot, initialement grâce à des subsides de Napoléon III.
Malheureusement, en croyant y voir le site de Bibracte, celui-ci va égarer
l'archéologie européenne dans la plus grande erreur archéologique de tous les
temps. Dans les premières années du XXème siècle, le grand archéologue Joseph
Déchelette poursuit les fouilles et élabore toute une thèse, présentant le mont
Beuvray, dans le volume de son Manuel d'archéologie édité en 1913, comme
l'archétype de l'oppidum celtique, alors que ce n'est qu'un exemple
d'oppidum-camp militaire.
Après trois
quarts de siècle d'abandon, les fouilles reprennent en 1984 sur le mont Beuvray
à l'initiative du ministère de la Culture et de la Communication. Officialisant
l'énorme bévue des archéologues français, François Mitterrand y proclame
Bibracte "site national" en 1985.
Alors
qu'Alise-Sainte-Reine a vu Vercingétorix se faire proclamer chef de la
coalition gauloise en 52 av. J.-C., alors que le Mont-Saint-Vincent (véritable
Bibracte) a vu Jules César s'y installer pour mettre la dernière main à ses
Commentaires sur la Guerre des Gaules, on raconte encore aujourd'hui que le
sommet du mont Beuvray, en Bourgogne, était l'oppidum de Bibracte, la capitale
des Eduens, l'un des peuples gaulois les plus puissants à l'époque de la
conquête romaine.
Au mont Beuvray, les
200 hectares du site archéologique, un centre de recherche et un vaste musée
(ouvert depuis 1996) présentent toutes les connaissances accumulées par les
archéologues depuis la découverte de la ville antique, en 1865. Le visiteur est
plongé dans un monde imaginaire de Gaulois à travers des reconstitutions, des
mises en scène de la vie quotidienne, des explications sur les objets et les
bâtiments, avec une précision apparemment scientifique, attractive et
régulièrement enrichie, au fur et à mesure de la progression des fouilles qui
se déroulent à proximité sur l'oppidum et que l'on peut visiter à la belle
saison.
De tout temps, le mont
Beuvray a fait l'objet d'une fréquentation humaine plus ou moins importante. Il
faut pourtant attendre la fin du IIe siècle av. J.-C. pour y découvrir des
constructions vraiment "urbaines". Enclose par un mur d'enceinte, il
a abrité à son apogée une armée germaine d'environ 15 000 hommes, puis une
capitale boïenne que l'on peut estimer à 20 000 habitants. Centre politique et
religieux, le mont Beuvray "raconte" en détail la vie des populations
guerrières, mercenaires et migrantes, aux IIe et Ier siècles avant J.-C..
Les fouilles ont révélé l'urbanisme de la ville, ses fortifications longues de
7 km, construites selon la technique militaire courante, des grandes portes,
des bâtiments publics, une avenue centrale qui traverse différents quartiers...
Avec la paix romaine, à
peine plus d'un siècle après leur installation, les Boïens abandonnent ce site
inconfortable pour s'installer, en force et en nombre, dans le Morvan, marquant
ce territoire d'une empreinte et d'un particularisme qui ont perduré jusqu'à ce
jour. En même temps, la cité de Bibracte (Mont-Saint-Vincent/Autun) continue à
jouer son rôle de capitale sous le nom d'Augustodunum.
La nature reprend
rapidement ses droits sur le mont Beuvray où ne subsiste à l'époque dite
romaine qu'un modeste temple, remplacé plus tard par une chapelle. S'y ajoutent
des foires importantes à partir du XIIIe siècle et un couvent des Cordeliers du
XVe au XVIIIe siècle.
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