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« Où va l'archéologie
française ? » tel est l'appel que j'ai lancé sur mon site internet le
11 février 2003. Force est de constater qu'à la date d'aujourd'hui, la
situation n'a guère évolué.
Le "système" mis en place dans le
secteur privé par les éditions Errance, la librairie Epona et
la revue L'Archéologue, en collaboration avec le professeur titulaire
de la chaire des Antiquités nationales du Collège de France, occupe le terrain,
y compris médiatique, fonctionnant comme un pouvoir parallèle à la
Sous-direction de l'archéologie du ministère de la Culture. En dehors de ce
système, très difficile pour un archéologue de faire connaître ses
travaux.
Véritable paradoxe, en obligeant
ce titulaire de la chaire des Antiquités nationales à diffuser les résultats de
la recherche "en train de se faire", le Collège de France lui donne la
légitimité et l'avantage de publier sous son nom, à son profit, et comme s'il
en était le découvreur, de multiples thèses.
C'est ainsi que s'établit une
vérité officielle que même les journalistes sérieux n'osent pas mettre en
doute, de crainte d'être aussitôt accusés par "le système" de vouloir relancer
une autre polémique d'Alésia.
A cela s'ajoute une sorte de
prison intellectuelle dans lequel ce système, sans vraiment l'avoir voulu, a
enfermé la profession. En convainquant le Président Mitterrand d'édifier sur le
mont Beuvray un grand centre archéologique européen, qui devait donner au monde
l'image d'une nouvelle archéologie française, performante et scientifique, les
instigateurs du projet visaient plus loin : l'élaboration d'un statut
d'archéologues reconnus au même titre que d'autres professions de la recherche.
Le problème, c'est qu'il n'aurait
pas fallu se tromper sur l'identification du site du mont Beuvray, non pas
Bibracte mais Gorgobina, oppidum des Boïens.
Dès lors que tout le raisonnement
archéologique français s'appuie, au départ, sur une monumentale erreur, on est
en droit de s'interroger sur le bien-fondé de l'échafaudage.
Alors que les vestiges
archéologiques sont là, on se refuse à l'évidence. On ne prend en compte que
les documents qui vont dans le sens de la vérité officielle. Quant aux autres -
les Commentaires de César, par exemple - on les corrige, superbement.
On discourt à n'en plus finir sur des textes qu'on est incapable de retraduire
correctement. On foule au pied toute logique sociale et militaire. On classe,
on date par référence en consultant des tableaux erronés.
Quant à la recherche du sens,
c'est la confusion la plus totale, une véritable impasse.
Le 15 janvier 2003, j'ai proposé à Madame Katherine Gruel une interprétation logique, en
accord avec les textes, concernant les monnaies gauloises... sans succès.
Le 4 novembre 2002, j'ai alerté
les archéologues auvergnats (cf. Région Auvergne : Dossiers histoire )
Aussi incroyable que cela soit,
ces archéologues mettent à jour un véritable trésor sur le site du Puy de
Corent, sans le comprendre vraiment.
Le numéro 76, février-mars 2005,
de L'Archéologue illustre mon propos.
Inutile de s'attarder sur la
publicité faite au livre "L'enquête de Lucius Valerius Priscus"
présenté comme livre d'actualité. Bien naïf le lecteur qui achèterait l'ouvrage
en le voyant à la vitrine d'un libraire et qui n'aurait pas prêté attention au
mot « roman » écrit en petites lettres . Un roman qui situe son
action au Ier siècle après J.C. dans une ville d'Autun qui n'a vraiment été
construite que trois siècles plus tard sous l'autorité de
Constance-Chlore !!! Oui, il s'agit bien d'un roman.
Beaucoup plus intéressant est
l'article concernant les fouilles menées en Auvergne, sur le site du Puy de
Corent, depuis seulement quelques années. Ce site est connu depuis longtemps
pour les nombreuses médailles et poteries qu'on y trouvait à fleur de sol. Dans
mon Histoire de Gergovie, j'en ai fait le site sacré des Arvernes, là
où ils brûlaient leurs morts au cours de cérémonies funèbres. En revanche, dans
la logique de mon raisonnement, je situais les grands festins donnés par le roi
Luern à Gergovie même, sur la hauteur du Crest. Or, au vu de ce que les
archéologues ont mis à jour, il semble que ces festins aient eu lieu plutôt à Corent
et qu'il s'agissait de festins funèbres. Tout cela va dans le sens de ce que
j'ai écrit : Corent, site sacré des Arvernes, en contrebas de la
forteresse de Gergovie qui se dressait sur l'éperon du Crest. Les fouilles
confirment l'importance de ce site essentiellement religieux à condition de
bien les interpréter, tout d'abord des traces de pieux faisant palissade
pouvant dater du néolithique, un ensemble de bâtiments religieux en bois, puis
en pierre, avec des enclos et les restes d'importants festins, ces derniers
pouvant ne dater que des IIème et Ier siècles avant J.C., à l'époque des rois
Luern, Bituit et de leurs successeurs. Voir dans ce site relativement modeste
un oppidum, capitale possible des Arvernes, est une erreur qui s'inscrit
malheureusement dans la vision de la Gaule que prône le Collège de France.
Dans cette vision assez misérable
de la Gaule, comment interpréter le dessin gravé sur une très intéressante
dalle que les archéologues ont découverte et dans lequel ils voient, très
justement, un schéma de construction croqué sur le vif ? La gravure
serait-elle l'esquisse d'un fanum local, ce que confirmerait une sculpture
gauloise trouvée sur le site de Titelberg et dont seul le dessin a été conservé
? Eh bien non ! Il est évident que nous avons là une évocation du temple
de Salomon. Ce temple - très célèbre - qui hante, encore aujourd'hui, la
mémoire des Juifs dans le monde entier, a été construit par Salomon, à
Jérusalem, sur le mont Sion plus précisément, en 965 avant J.C. A ce jour, on
n'en connaît aucune représentation alors que la Bible nous en donne une
description très précise et particulièrement fastueuse. Dans l'édicule de
Titelberg, les deux colonnes placées en avant de la façade ne laissent planer
aucun doute.
Il s'agit là d'une très
importante découverte.
Sachant par ailleurs que le
temple de Salomon fut détruit en 587 avant J.C. et que son souvenir s'est
ensuite perdu, il faudrait en déduire qu'avant le VIème siècle, il y avait une
présence juive, et à Gergovie et à Trèves. Cela va dans le sens de mes
écrits : une colonisation de la Gaule d'origine phénicienne depuis le
IXème siècle avant notre ère.
Et cela m'amène à situer
l'endroit où se dressait ce fameux temple, source d'éternels conflits entre les
juifs et les musulmans, qui risque demain de faire échouer toutes les
tentatives de négociation dans le conflit palestinien.
Les croquis ci-dessous sont
extraits du site internet gergovie.free.fr
Leur reproduction n'est autorisée
que pour un usage privé.
Interprétations et commentaires : E. Mourey
Dessin gravé sur une dalle exhumée au Puy de Corent |
Il s'agit d'un plan, vu d'en
haut.
En haut, dans le triangle, le
parvis devant le temple, à moins que cela soit une forme de toit vu en coupe, à
moins que cela soit une tentative assez maladroite d'expliquer l'utilisation du
triangle rectangle en technique de construction. En dessous, le porche -le
oulam- avec son toit à quatre pans et quatre arêtiers. A l'intérieur, le petit
carré représente peut-être un autel. De chaque côté, des murs épais en pierres
de taille (l'appareillage des pierres est indiqué à gauche). En dessous, la nef
- le Hékal - n'a pu qu'être indiquée à cause du manque de place. A gauche et à
droite, en flanquement, adossés à la "maison" et un peu en retrait de la façade
du oulam, l'appentis gauche et l'appentis droit avec leurs toits à quatre pans.
Dessin exécuté par le commandant Espérandieu d'un édicule sculpté trouvé sur le site gaulois de Titelberg (près de Trèves) |
Le temple de Salomon est vu de
face. Au centre, le porche - le oulam - avec son ouverture monumentale
et son fronton. En avant, détachées du porche, les deux grandes colonnes en
bronze poli que décrit la Bible, surmontées de leurs chapiteaux savamment décorés.
Le oulam se prolonge vers le haut en forme de tour carrée que coiffe un toit à
quatre pans. De part et d'autre, collés au bâtiment, l'appentis gauche et
l'appentis droit en forme de galeries avec leur toiture à quatre pans comme sur
le dessin précédent. A l'intérieur de la galerie gauche, le sculpteur a évoqué
les planches de cèdre du plancher et du plafond.
Ces deux dessins correspondent à
la reconstitution que j'ai faite du temple de Salomon d'après la description
qu'en donne la Bible, à la page 322 de mon Histoire de Bibracte, Dieu caché ,
à la différence toutefois de la toiture des appentis.
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