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Tumultus gallicus , le tumulte gaulois de ce début d'année a révélé à l'opinion publique une situation particulièrement confuse dans le secteur de l'archéologie: manifestations de rues, lieux publics occupés, personnalités et groupes politiques interpellés, lettres ouvertes, réactions syndicales, tracts ...
Après le gaspillage des subventions publiques par la SAEMN du mont Beuvray (fausse Bibracte) , le nouvel INRAP, à peine fondé, serait aujourd'hui condamné à l'impuissance et du personnel récemment embauché au chômage suite à la remise en cause de la loi n°2002-44 du 17 janvier 2001 . De leur côté, les archéologues de l'ANACT - Association nationale des Archéologues de Collectivité territoriale - réclament la révision de cette loi qui les a mis à l'écart.
Pendant le même temps, les aménageurs exercent une pression plus ou moins occulte pour revenir aux errements du passé où l'on "oubliait" parfois de signaler les trouvailles archéologiques pour ne pas retarder la marche des chantiers.
Alliée au Collège de France, la Sous-direction de l'archéologie du ministère de la Culture a porté son effort de recherche archéologique sur le mont Beuvray, affirmant par la voix de son représentant , que la Gaule, ça n'est rien, ça n'existe pas (sous-entendu : en dehors de ce site). Enfoncés dans leurs certitudes et en contradiction flagrante avec ce que l'on trouve dans les autres pays, les archéologues du mont Beuvray prétendent que les Gaulois ignoraient le mortier de chaux avant l'arrivée des Romains et qu'ils ne construisaient qu'en matériaux périssables, ce qui limite forcément l'intérêt de la recherche .
Heureusement, grâce à l'initiative d'un certain nombre d'archéologues de terrain, les trouvailles archéologiques se multiplient à travers le territoire, ouvrant la perspective d'une urbanisation gauloise méconnue, en contradiction flagrante, là aussi, avec la thèse officielle du mont Beuvray qui ne veut voir de préurbanisation que sur son site, peu de temps avant l'arrivée des Romains. A Bobigny, on met au jour un grand cimetière gaulois des IIIème, IIème siècle avant J.C.. A Bourges, on exhume les vestiges de la ville "architecturale" gauloise que César qualifiait, à son arrivée en Gaule, de plus belle ville de toute la Gaule, ou peu s'en faut, armure et ornement de la cité des Bituriges (DBG VII, 15, traduction E.M.). Enfin, en Bourgogne, dans son édition du 26/08/01, le Bien public a publié une étude qui explique que les ruines du village que l'on montre aux touristes, à Alise-Sainte-Reine, ne sont pas gallo-romaines mais gauloises et que c'était la ville-capitale du peuple mandubien.
Récemment, plusieurs députés se sont émus de cette situation, interpellant le ministère de la Culture sur les doutes émis par certains archéologues et historiens au sujet des localisations officielles de nos anciennes capitales gauloises, n'obtenant des ministres successifs que des réponses "langue de bois" . Spécialiste de l'âge du fer au Conseil national de la recherche archéologique, le Directeur du Centre archéologique du mont Beuvray, Vincent Guichard - dans sa logique contestable - se demande si la ville de Gergovie a véritablement existé . Et Christian Goudineau, lui-même, va jusqu'à affirmer que la Gaule est une pure invention de César .
Que l'on soit archéologue, historien, responsable culturel ou politique, il nous faut sortir de cette confusion. Il y a urgence: près de Clermont-Ferrand, sur la hauteur du Crest, dernier site proposé de la capitale des Arvernes, les vestiges antiques disparaissent dans l'indifférence générale. Ailleurs, ce sont les témoins d'une urbanisation "gauloise" que l'on passe sous silence pour ne pas aller contre la thèse officielle des grandes villes gallo-romaines qui auraient poussé comme des champignons, au temps de l'empereur Auguste, sur terrain vierge (!). Quant aux médias, leur attention s'est focalisée sur le mont Beuvray et sur le plateau de Merdogne, et elles ne se posent même pas de questions sur le maigre bilan des fouilles qui y sont menées.
Et voilà que pour couronner le tout, on s'en prend au personnage de Vercingétorix dont on sait, au moins, qu'il est mort en pleine jeunesse pour la liberté de tous (DBG VII, 89), ce qui devrait inciter ses détracteurs à un peu plus de retenue . Alors que dans tous les pays du monde, on enseigne aux enfants des écoles l'histoire du pays où leurs parents ont choisi de vivre, on a fait le choix, en France, du silence ou du dénigrement.
Dans ces conditions, qu'on ne s'étonne pas si certains jeunes gens vont chercher leurs valeurs ailleurs.
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